31.07.2008
L'oeuf du serpent d' Ingmar Bergman - 1977 -
Film américain avec Liv Ullmann, David Carradine, Gert Froebe, James Whitmore, Edith Heerdegen, ...
J'ai laissé passer un certain temps avant de commenter ce film car la démarche est traumatisante. Ouf ! ... Je peine toujours à imaginer de quelles atrocités les gens sont capables. Pourtant les textes relatant les faits sont là étayés en l'ère actuelle, par les films et autres documents photographiques.
Que l'on puisse torturer et aller jusqu'à éliminer des gens sous le seul prétexte qu'ils sont différents ou pensent différemment a toujours dépassé mon entendement et pourtant, je sais que cela a existé, existe encore (hélas) et malheureusement, existera toujours. Aucune illusion en ce domaine comme en beaucoup d'autres ...
Maintenant, que l'on se livre à des expériences sur des êtres vivants sous le fallacieux prétexte de " faire avancer la science " est une pure abomination - hélas, trop réelle et totalement inacceptable. L'action du film se situe à Berlin en 1923, l' Allemagne d'alors était au plus bas.
Ayant perdu la guerre, ce peuple guerrier était humilié et la misère s'était abattue sur lui. Tout une partie de la population ne survivait que grâce à la soupe populaire; à côté de cela, comme toujours, les cabarets affichaient leur scandaleuse joie de vivre. Pendant que certains crevaient de faim, d'autres s'enivraient ...
Le juif devenait dans le même temps, le bouc émissaire. David Carradine est ce funambule dérivant parmi un monde prêt à basculer dans une implacable et désespérante violence.
Gert Froebe est remarquable, (une fois de plus) dans ce rôle de policier coincé par le système qu'il représente mais n'ayant pas complètement abandonné tout sentiment humain. Un médecin diabolique se livre à des expériences honteuses qui seront reproduites par la suite à une plus grande échelle. Le spectre de l'hitlérisme se profite à l'horizon et l'on ne comprend que trop que la suite sera inéluctable. Il faut avoir vu ce film mais il convient de se barder non d'indifférence mais de savoir au préalable à quoi on s'expose car certaines scènes font plus que friser l'insupportable.
Simone @
10:20 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.07.2008
Balzac et la petite tailleuse chinoise de Dai Sijie
Arte, dimanche 27 juillet : 20h.44
Comédie dramatique franco-chinoise de Dai Sijie.
avec Zhou Xun, Kun Chen, Liu Ye, Suang Bao Wang, Xu Zu ...
Film charmant, peu susceptible de déclencher une révolution, encore moins culturelle en nos esprits occidentaux mais qui se laisse agréablement voir. Une foule d'idées reçues ou admises depuis longtemps et la ridicule adhésion à la doctrine maoïste qui envoyait tous les intellectuels aux champs. Tout en sachant que tout cela s'est effectivement déroulé de la sorte, on se dit que malgré tout, la caricature n'est pas loin. C'est donc indirectement un hommage rendu à la pseudo liberté en vigueur dans les pays capitalistes, où les valeurs seraient toujours reconnues. Rien n'est aussi simple dans un sens comme dans l'autre. La proverbiale patience asiatique fit que les situations se mirent en place sans trop de contestations et remous divers mais en Occident, il ne suffit pas d'avoir du talent pour s'imposer.
Une seule chose est indéniable, l'exercice assidu de la lecture change effectivement la mentalité des êtres et la petite tailleuse va coudre son indépendance au fil des pages. Sinon, les superbes paysages de l'Empire du Milieu font rêver, les trois jeunes comédiens sont beaux mais dans l'ensemble, il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard, fut il laqué.
22:52 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arte, chine, balzac, revolution culturelle
25.07.2008
La cité des hommes (Durée : 1h.48)
Film brésilien de Paulo Morelli avec Douglas Silv, Darlan Cunha, Jonathan Haagensen, Camila Monteiro, Rodrigo dos Santos.
On peine à admettre que cela puisse exister à l'époque actuelle ... et pourtant ! Nous pénétrons dans l'atmosphère hyper-violente des favelas.
Deux copains sont sur le point d'avoir 18 ans. C'est symbolique pour eux car ils entrent du même coup dans le monde des hommes. Difficile de se raccrocher au mythe de Peter Pan sous les tropiques ! Les armes se vendent comme des petits pains et les narcotrafiquants font ici la pluie et le beau temps. Le mauvais, surtout car ça flingue à tous les coins de rue. Deux gamins - en fait - dont le premier vient d'apprendre qu'il va être père et se demande comment assumer et le second qui est à la recherche du sien. Acerola apprendra que son père est en prison pour avoir tué celui de son meilleur ami. Difficilement gérable comme situation ...
Ils vont malgré tout se retrouver au milieu d'un mitraillage apocalyptique entre bandes rivales et finiront par partir en compagnie du petit garçon qui ainsi aura peut-être une chance en dehors de cette cité infernale.
Je n'avais pas vu " La cité de Dieu " et me trouvait ainsi à l'abri de toute comparaison. Le rythme du film est forcément rapide puisque sous certains cieux la vie est courte; le contraste entre ces paysages de plage et les ruelles escarpées abritant des bidonvilles à étages est frappant.
N'importe, il y a tout de même quelque chose qui ne tourne pas rond sur cette planète !
Simone @
Le Pacte Wild Side Films.
12:25 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bresil, favelas, violence
23.07.2008
QUAND LA MER MONTE ( ... j'ai honte, le film ayant été diffusé lundi soir sur Arte)
Pourquoi n'ai-je pas vu ce film lors de sa sortie ? ... Il y a quatre ans, déjà !
Le thème m'a fait peur, je crois. Ils ont tous des dégaines de semi-clodos là-dedans et je crois que cela m'a rebutée. Je n'aime pas trop cette démagogie qui veut que l'on recherche au cinéma ou au théâtre ce que l'on fuit dans la vie et que l'on considérerait avec condescendance si on s'en approchait ...
Irène (Yolande Moreau) fait partie de cette génération d'acteurs (pris au sens général du terme) dont personne n' aurait voulu à l'époque des Feuillère par exemple. On allait alors au cinéma ou au théâtre avec un désir de transcendance quasi panthéiste. Il fallait qu'ils soient tous beaux, grands, élégants.
Elle est tout simplement humaine. Un côté " madame-tout-le-monde " et d'évidence, " un coeur grand comme ça ! " On fond sous le regard clair de ses petits yeux en amande et la transcendance en question vient du fond de l'âme ! Son partenaire, Wim Willaert (Dries) est excellent.
Je ne puis faire de comparaison avec " Bienvenue chez les ch'tis " puisque le matraquage médiatique m'a dissuadée d'aller voir le film mais me suis quand même demandé si sur le plan du succès, il n'y avait pas eu une erreur de distribution ... Comme tout spectacle intelligent, la lecture peut s'effectuer à différents niveaux d'entendement et chacun y puisera ce qu'il veut mais en tous cas, on ne revient pas les mains vides : impossible ! Pour qui sait la voir, la poésie se cache parfois sous la banalité des jours ...
Comédie dramatique franco-belge de Gilles Porte & Yolande Moreau (2004) - Durée : 1h.25 -
11:12 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arte, yolande moreau, le nord
10.07.2008
My name is Hallam Foe (Durée, 1h.35)
Film britannique de David Mackenzie.
avec : Jamie Bell, Sophia Myles, Claire Forlani, Ewen Bremmer, plus ...
Adaptation du roman : Hallam Foe de Peter Jinks.
Hallam est le type même de l'adolescent en rupture avec le milieu familial.
Sa mère est morte (noyée) et son père lui impose la présence d'une mère de remplacement, qu'il considère non seulement comme une marâtre mais soupçonne d'assassinat. Afin de bien illustrer son désaccord quant à cette présence indésirable, il s'est réfugié dans une cahute perchée en haut d'un arbre.
De là, il surveille tout ce qui se passe, assiste aux ébats du couple qu'il ne rejoint à regret qu'aux heures des repas. Sa soeur partira la première et il ne tardera pas à suivre son exemple pour se retrouver dans un Edimbourg où il devra très vite trouver du travail pour survivre. Obsédé par l'image de sa mère dont il avait affiché un énorme poster dans son nid d'aigle, le hasard va lui faire croiser le chemin du sosie de cette dernière. Il va la suivre sans relâche et finira même par être embauché par elle. Oedipe, Oedipe ! ...
Quand il ne fait pas la plonge, il se hisse sur les toits afin d'espionner celle qui l'obsède. Peu à peu, les liens entre eux deux vont se resserrer et comme la dame n'est pas farouche, il n'aura pas trop de mal à parvenir à ses fins. Seulement voilà, le contentieux affectif de son passé va le rattraper et l'adolescent devra bon gré, mal gré se glisser dans la peau d'un adulte. Psychologie, érotisme font que cette quête initiatique reste destinée à un public averti. Le film a décroché le Hitchcock d'or au festival de Dinard. La prestation de Jamie Bell n'y est certes pas pour rien !
Simone @
Pretty Pictures.
18:24 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










